Un autre tourisme est possibleJ'ai créé il y a quelques années l' Association Vers Un Autre Tourisme, dont le but était de mettre davantage d'éthique dans le tourisme, en développant des relations équitables avec les communautés d'accueil en Amazonie (voir les projets en Amazonie et aux Comores). Le site www.voyagespourlaplanete.com est une continuation de ce travail, axé sur la sensibilisation et la promotion d'un autre tourisme. Je suis tombé hier sur le texte ci-dessous écrit par une collègue Québecoise , et qui synthétise bien les enjeux d'un autre tourisme... Morceaux choisis: "L’éthique du tourisme se base sur des principes, des règles de conduite qui servent à guider les acteurs (organisations, entreprises, voyageurs et communautés visitées) dans leurs actions et à susciter les bonnes pratiques.Les activités touristiques doivent: * être conduites en harmonie avec les spécificités et les traditions des régions et des pays d’accueil, et dans l’observation de leurs lois, de leurs us et coutumes; * permettre la survie, l’épanouissement et la mise en valeur de la culture locale et non provoquer sa standardisation et son appauvrissement; * faciliter l’accès du visiteur sans formalité exagérée ni discrimination. Les entreprises touristiques doivent: * fournir une information objective au voyageur, assurer une prestation de qualité et la confidentialité des renseignements personnels; * instaurer des relations de confiance avec leurs collaborateurs et promouvoir des comportements éthiques auprès d’eux; * respecter leurs employés et offrir des conditions d’emploi équitables (formation, rémunération, horaire, avantages sociaux, etc.); * assumer leurs responsabilités sociales (obligations légales, respect de l’environnement, création d’emplois locaux, intégration harmonieuse dans les milieux physique et social, études d’impacts, transparence, dialogue avec la population locale, amélioration de la qualité de vie, etc.). Les touristes doivent : * éviter tout comportement pouvant choquer ou blesser les populations locales. Les communautés d’accueil doivent : * respecter les touristes qui les visitent et comprendre leurs modes de vie, leurs besoins et leurs attentes. Diverses enquêtes révèlent que le touriste est sensible aux facteurs sociaux et environnementaux, mais qu’il ne s’engage pas encore fermement à changer les choses: * il est sensible aux problèmes environnementaux, mais ne veut pas s’encombrer de contraintes à l’étranger si les autorités locales ne l’exigent pas; * il rejette la responsabilité de certaines situations en alléguant qu’elles peuvent être contrôlées par les gouvernements en place ou accuse les multinationales (ex. dégradation des côtes, tourisme sexuel, pauvreté, etc.); * il a entendu parler du tourisme responsable, mais il ne le met pas nécessairement en pratique; * il recycle, il fait des dons à des organismes de charité ou encore il veut connaître les conséquences sociales, culturelles et environnementales de son voyage, mais il se préoccupe peu des politiques environnementales dans le choix d’une entreprise touristique; * il est peu disposé à payer davantage pour des vacances éthiques; * il est rarement prêt à modifier ses plans de voyage pour favoriser une approche responsable; * il appuie les certifications et les labels, mais il est rare qu’il soit en mesure de les reconnaître ou de comprendre leur portée. Du côté de la communauté d’accueil, on trouve la même ambivalence: * elle veut la manne, elle veut bénéficier des retombées économiques des touristes, mais elle juge néfastes leurs influences; * elle dénonce les ravages du tourisme de masse, mais elle en profite souvent pour exploiter les touristes et les arnaquer; * elle devrait accueillir les visiteurs avec convivialité et jouer son rôle d’hôte, mais elle dénonce son état de servilité envers eux. L’équilibre passe donc par l’éthique de la responsabilisation. Au-delà de la sémantique…, si un «autre tourisme», voulait dire contrer les effets négatifs du tourisme, en maximiser les effets positifs et adopter de bonnes pratiques? Source: Delisle, Marie-Andrée et Louis Jolin. «Un autre tourisme est-il possible?», Presses de l’Université du Québec, 2007, 144 pages. |
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