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Presse

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Interview publiée dans LE FIGARO, 19 Février 2007 

Pour le président de l'Association française d'écotourisme, il faut créer des stratégies de développement du tourisme durable à l'échelle des territoires.

LE FIGARO. - Quelle est la définition d'un écolodge ?
PASCAL LANGUILLON. -En anglais, un « lodge » est une « structure d'hébergement touristique à taille humaine », et « éco » pour « écologique », évidemment. La Société internationale de l'écotourisme le définit comme une infrastructure d'accueil de 5 à 75 chambres, financièrement durable, cons- truite dans un souci d'harmonie avec la nature et dont l'impact sur l'environnement est par conséquent minime. Il contribue à protéger les espaces environnants fragiles, implique les communautés locales et leur permet de générer des bénéfices, offre aux touristes l'opportunité d'une expérience interactive et s'avère propice à une communion spirituelle entre nature et culture. L'écolodge est pensé, conçu, construit et exploité en accord avec des principes environnementaux et sociaux responsables. Il s'adresse à un marché de niche, une clientèle à fort pouvoir d'achat, urbaine, en quête de dépaysement et d'achat citoyen. Mais il existe d'autres structures moins onéreuses qui pratiquent également un tourisme responsable.
L'Europe en général, et la France en particulier, n'ont pas l'air très concernées par le phénomène.
De nombreux investisseurs privés souhaitent pourtant développer des projets rentables et verts. L'émergence de la restauration bio ou de la norme de construction « haute qualité environnementale » pour les structures touristiques montre que la préoccupation écologique s'enracine. L'Europe compte moins d'écolodges que l'Amérique du Sud ou l'Afrique car le terme est encore réservé aux structures intégrées dans un espace naturel préservé, comme les parcs nationaux. Le concept s'accommode davantage des douceurs tropicales que de nos climats tempérés. Pour ce qui est du public français, il n'est pas informé, donc peu concerné jusqu'à présent. Mais savez-vous qu'un gîte rural peut également se réclamer du tourisme durable s'il intègre un souci particulier pour la préservation de l'environnement ? Certains gîtes sont renovés avec des techniques d'écoconstruction, favorisent l'utilisation d'énergies renouvelables etc.
Faut-il créer un label international ?
Oui, à terme. Il existe bien une centaine de labels sur le tourisme responsable dans le monde, mais ils manquent tous cruellement de visibilité. Un nom connu internationalement permettrait une communication plus efficace. Mais créons d'abord l'offre et la demande, avant de concentrer nos efforts sur la labellisation. Donnons aux gens l'envie de préférer les structures écotouristiques aux gros complexes hôteliers. Accompagnons enfin les porteurs de projets et les prestataires touristiques dans le changement, tout en créant de véritables stratégies de développement du tourisme durable à l'échelle des territoires. Des missions qu'aucun label ne pourra remplir.
Retrouvez une sélection des meilleurs écolodges sur www.voyagespourlaplanete.com
 
Propos recueillis par Nadia Hamam. 
 
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