Eco-Destinations : Costa Rica

Lancez une recherche sur le thème de l’écotourisme et vous tomberez bien vite sur le nom d’un pays d’Amérique centrale dont on entend rarement parler: le Costa Rica.

Lancez une recherche sur le thème de l’écotourisme et vous tomberez bien vite sur le nom d’un pays d’Amérique centrale dont on entend rarement parler: le Costa Rica. En effet, ce petit joyau est unanimement considéré comme étant « le pays de l’écotourisme » par excellence. Ce statut de leader mondial lui est conféré par l’exceptionnelle biodiversité de ses espèces, sa longue tradition de préservation de la nature, ses nombreux écolodges et son expérience solide sur le thème du tourisme durable.

« J’ai voulu prouver qu’un arbre vivant valait plus qu’un arbre mort », se souvient Amos Bien, l’un des inventeurs du concept d’écotourisme, aujourd’hui directeur de campagne à The International Ecotourism Society. Ce biologiste américain, installé au Costa Rica depuis 1977, a vite compris que s’il voulait sauver la forêt tropicale de la main destructrice de l’homme, il fallait donner une raison économique à sa préservation. « Dès le début des années 1980, les gens venaient au Costa Rica pour observer la faune et la flore, mais il n’y avait pas de structures d’accueil pour les accueillir en forêt, et l’argent généré par leurs visites restait donc en ville, tandis qu’on continuait à abattre les arbres. » Naît alors l’idée de créer Rara Avis, le premier écolodge du Costa Rica, dans le but de recevoir les gens en pleine forêt afin que l’argent généré par leur séjour soit réinvesti dans la conservation. Vingt ans plus tard, Amos Bien est satisfait : « Dans les pôles écotouristiques du pays, un hectare de forêt primaire vaut de nos jours deux fois le prix d’un hectare de pâturage. Autrefois, c’était le contraire !»

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Le pays compte maintenant plus de 110 réserves privées dont l’entretien est très souvent financé par les recettes d’un écolodge. Si on y ajoute les 40 parcs nationaux du pays, ce sont maintenant 25% de la surface du territoire qui sont protégés, alors que la moyenne mondiale stagne autour de 3%. Cette longue tradition de conservation a été facilitée par le fait que le Costa Rica dispose depuis longtemps du régime politique le plus stable d’Amérique centrale, avec un processus démocratique toujours bien respecté qui a même mené le pays à dissoudre son armée en 1948, alors que les pays voisins sont longtemps restés en proie à des guerres civiles fratricides. Ainsi, ce havre de paix est vite apparu aux yeux des touristes naturalistes américains comme étant la destination de leurs rêves. A seulement quelques heures d’avion de leur territoire, doté d’un climat agréable, de belles plages et peuplé de gens accueillants, le Costa Rica est avant tout un pays où la nature semble exploser de vitalité.

Le nom du Costa Rica (« Côte riche » en espagnol) provient du fait que Christophe Colomb a cru y déceler une profusion de minéraux. Aujourd’hui, nous savons que ce nom était surtout approprié pour décrire sa fantastique richesse biologique : 5% de la biodiversité mondiale sur seulement 0,035% de la superficie de la planète, plus d’espèces d’oiseaux que dans toute l’Amérique du Nord, plus d’espèces de papillons que dans toute l’Afrique, les chiffres se passent aisément de commentaires. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que ce « superpouvoir biologique » ait vite attiré une foule toujours croissante de passionnés de la nature. Diverses études ont montré que entre 80 et 90% des touristes étrangers viennent spécifiquement au Costa Rica pour y découvrir la nature, ce qui en fait un « véritable laboratoire du tourisme vert », selon Martha Honey, directrice de TIES.

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L’Iinstitut Costaricien du Tourisme (ICT) a beaucoup joué sur cette image « nature », notamment en faisant la promotion du pays comme étant « sans ingrédients artificiels ». Dotée de nombreux volcans, de forêts tropicales splendides, cette petite bande de terre qui sépare l’Océan Pacifique de la mer des Caraïbes, est naturellement devenue une attraction touristique phare en Amérique Centrale. L’amoureux de la nature ne s’ennuiera pas au Costa Rica, véritable jardin d’Eden. Ici, tout est mis en œuvre pour que l’on puisse observer l’impressionnante faune et flore du pays. Il est très aisé en se promenant dans les parcs nationaux d’y observer toucans, perroquets, singes à têtes blanches, singes hurleurs, paresseux ,iguanes, et même de formidables oiseaux-mouche. Certaines réserves privées ont mis en place des ponts suspendus au niveau de la canopée, pour que le visiteur puisse avoir une autre perspective sur la vie sylvestre.

Au début des années 1990, le tourisme est devenu l’activité économique principale du pays, devant la banane et le café. Aujourd’hui, avec 1.3 millions de visiteurs en 2002, dont 400000 américains pour seulement 18000 français, le secteur touristique se porte plutôt bien. L’offre touristique est encore principalement cantonnée à des hôtels de faible capacité (90% des hôtels du pays ont moins de 40 chambres), ce qui permet de générer davantage d’emplois pour les locaux. La part de l’argent du touriste qui repart dans un pays du Nord n’est d’ailleurs que de 20% au Costa Rica, contre 80% en République Dominicaine par exemple, preuve que le tourisme y est nettement plus durable. « Le tourisme au Costa Rica a sensiblement amélioré les conditions de vie des populations rurales, en leur offrant des emplois en tant que guides ou cuisiniers, leur permettant ainsi d’accéder à la classe moyenne », déclare Amos Bien.

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Amos enfonce le clou: « le développement de l’écotourisme a eu un impact très positif sur la préservation des aires naturelles au Costa Rica, car il a permis une certaine prise de conscience au sein de la population des merveilles naturelles dont elle dispose et de la nécessité de ne pas les laisser se dégrader. L’écotourisme a aussi renforcé l’identité culturelle dans les campagnes. Mais comprendre que c’est notre environnement qui façonne notre culture et qui nous rend unique, ce n’est malheureusement pas encore donné à tout le monde.»

Copyright Textes et photos Pascal Languillon 2005, Article publié dans Ecotourisme Magazine numéro 4.

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