Les piscines se mettent au vert

Les piscines aussi se mettent au vert Le nettoyage des bassins naturels, qui n’utilisent pas de chlore, est assuré par des plantes. La sensibilité à l’environnement se manifeste maintenant en France jusque dans nos piscines. Les réfractaires au «carré bleu», anti-écologique et abondamment chloré, se laissent séduire par les bassins naturels. Piscine écologique, le bassin […]

Les piscines aussi se mettent au vert Le nettoyage des bassins naturels, qui n’utilisent pas de chlore, est assuré par des plantes. La sensibilité à l’environnement se manifeste maintenant en France jusque dans nos piscines. Les réfractaires au «carré bleu», anti-écologique et abondamment chloré, se laissent séduire par les bassins naturels. Piscine écologique, le bassin naturel économise l’eau, se passe de traitements chimiques, est énergétiquement sobre. Seuls consomment de l’électricité un robot de nettoyage facultatif dans la piscine proprement dite, et la pompe qui achemine l’eau entre les bassins épurateurs et le coin baignade. Sans chlore, elle comprend plusieurs bassins plantés de végétaux appropriés, pour décanter, aérer et filtrer l’eau qui renfloue le bassin de nage. En principe, un équilibre bactériologique s’instaure. En circuit fermé, de façon à économiser, l’eau est perpétuellement recyclée. C’est la nouvelle tendance, non seulement du côté des particuliers, mais aussi des professionnels du tourisme. Un paysagiste qui conseille notamment le futur «village nature» de Disneyland Paris, Thierry Huau, en a construit une chez lui, à Giverny (Eure). La qualité de l’eau de baignade est assurée par trois bassins étagés, tapissés de galets blancs qui réfléchissent le soleil, ce qui réchauffe l’eau, naturellement. Des végétaux aquatiques sélectionnés pour leur pouvoir filtrant y sont plantés, «des espèces endémiques de nos marais qui seront matures et donc opérationnelles au bout d’un an», estime-t-il. Un engouement récent en France Joncs, faux nénuphars ou iris d’eau sont connus pour leur haut pouvoir filtrant, autrement dit, leur capacité à «avaler» les matières organiques indésirables. Pour tout entretien, une taille sera peut-être plus tard nécessaire. «Il en faut trois fois plus que la surface de baignade», estime le paysagiste, féru de botanique. L’engouement pour ce type de piscine touche depuis peu la France. Alors qu’en Suisse et en Autriche, puis en ­Allemagne il s’est propagé ces 25 dernières années, note l’entreprise helvète Bioteich, qui a breveté le concept sous la marque «Baignades naturelles». Plus d’une centaine ont été installées par Bioteich l’an dernier en France, sur quelque 30 000 piscines enterrées, représentant le marché annuel, d’après son PDG, ­Bernard Depoorter. Mais cette clientèle ne serait pas prise aux piscinistes conventionnels : «Les trois quarts de nos clients n’en auraient jamais voulu. Ils sont adeptes d’un art de vivre “autrement”. Ce qui les séduit, c’est le côté “un jardin en plus” aquatique, décoratif toute l’année, écologique, pour un coût similaire au mètre carré. Mais il faut plus de surface que celle dédiée à la baignade» , précise-t-il. D’où un investissement total plus élevé. Chez Bioteich, le savoir-faire botanique permettant de se passer du chlore est celui d’Anne-Cécile Mariet, titulaire d’une maîtrise de biophysiologie végétale. «La phytoremédiation est une technique déclinée, par ailleurs, pour traiter des eaux usées et dépolluer même des effluents chargés en métaux lourds», argue-t-elle. Sur dérogation du ministère de la Santé, une piscine publique dont l’eau est filtrée par les plantes, en lieu et place des désinfectants habituels, fonctionne l’été à Combloux, près de Megève. Depuis 2002, entre 700 et 800 personnes par jour s’y baignent sans incident sanitaire, souligne Bernard Depoorter. Une réglementation pour encadrer ce type de bassin est en préparation : des experts de l’agence chargée des questions de santé-environnement et travail (Afsset) se prononceront bientôt sur la sûreté des piscines dites naturelles, sans désinfectant chimique. Lu sur www.lefigaro.fr

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