Ronald Sanabria, Rainforest Alliance

Directeur de la division Tourisme Durable de l'ONG Rainforest Alliance

QUATRE QUESTIONS A Ronald Sanabria, Directeur de la division Tourisme Durable de l’ONG Rainforest Alliance,

Pascal Languillon : Qu’est ce que la Rainforest Alliance ?

C’est une ONG internationale dont la mission est de protéger les écosystèmes et les peuples et animaux qui en dépendent en transformant les pratiques d’aménagement du territoire, en changeant les pratiques des industriels, et en influençant le choix du consommateur. Nous sommes connus internationalement pour avoir mis en place le programme de certification « label FSC » pour le bois tropical, qui assure que le bois acheté dans les pays industriels ne provient pas d’une forêt tropicale primaire coupée illégalement.

Pascal Languillon : Quel est le but de la division « tourisme durable » de la Rainforest Alliance ?

Cette section, dont le siège international est au Costa Rica, a été créée il y a 10 ans pour appliquer ces mêmes concepts à l’industrie du tourisme. Notre but est de faire évoluer les mentalités, de favoriser une prise de conscience chez les hôteliers et chez les développeurs de produits, et d’influencer les voyageurs à faire le choix de la durabilité. Nous travaillons avec d’autres organisations internationales pour développer des standards que nous appelons « les meilleures pratiques ». Nous faisons des recommandations aux opérateurs du tourisme et aux voyageurs. Aujourd’hui, nous travaillons au développement d’une structure internationale de certification en tourisme durable.

Pascal Languillon : Qu’est ce qui vous porte à croire que les programmes de certification fonctionnent dans le tourisme durable ?

Les faits parlent d’eux-mêmes. Aux Galápagos, les bateaux ont mis en place des mesures strictes pour éviter la pollution marine suite au programme de certification SmartVoyager.

Au Costa Rica, on voit des hôtels de chaîne, traditionnellement concentrés uniquement sur leurs profits, qui commencent à vouloir s’inscrire au programme de certification CST, et cherchent donc à diminuer leurs impacts sur l’environnement. Même si leur but est principalement d’améliorer leur image de marque, le résultat est là : ils évoluent. On se rend compte que ces programmes de certification ont au moins l’intérêt de conduire à un débat au sein de la société, et de faire évoluer les mentalités.

Pascal Languillon : N’y a t-il déjà pas trop de labels pour que le consommateur de voyages s’y retrouve ?

Effectivement, il y a déjà plus de 60 labels verts en Europe, et je crois que la fragmentation des efforts est un problème très grave. C’est pourquoi nous sommes en train de mettre en place un Conseil sur le Tourisme Durable (Sustainable Tourism Stewardship Council) pour développer à terme un label qui serait internationalement reconnu, mais en appui seulement de programmes de certification nationaux. Mais là encore, le problème n’est pas simple. Il faut s’avoir s’adapter au contexte local, tout en essayant d’envoyer un message clair au consommateur. Bref, nous sommes en pleine phase de réflexion.

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