Tiphaine Breillot, Mont Blanc Ecotourisme

Responsable de la démarche environnement à Chamonix et Megève

Pour quelles raisons a été créée l’association Mont Blanc Ecotourisme ? L’association Mont Blanc Ecotourisme a été créée suite aux réunions que nous avons organisées à Megève et Chamonix avec les socioprofessionnels des deux stations. Etant donné que les projets venaient essentiellement des offices de tourisme et que nous ne pouvions pas contrôler les chartes environnementales mises en place avec les hôteliers de Megève, nous souhaitions créer une structure indépendante pouvant le faire. Nous souhaitions également que cette structure puisse financer en partie certains projets et être un relais d’information au niveau intercommunal. La phrase qui accompagne le logo « tourisme responsable au pays du Mont Blanc » insiste bien sur ce point. Elle permet à toutes les stations et villages de notre région d’avoir un projet commun en bénéficiant de la notoriété des stations de Megève et Chamonix. On ne vend plus une seule station mais une destination globale« Pays du Mont-Blanc » autour d’un projet fédérateur qu’est l’écotourisme. Est-ce que le réchauffement climatique est une préoccupation majeure, perceptible par tous les acteurs des stations de ski aujourd’hui ? Le réchauffement climatique n’est pas aujourd’hui la préoccupation majeure pour la plupart des acteurs des stations de ski puisque si c’était le cas, ils seraient déjà dans l’action. Il faut prendre en compte deux éléments : nous sommes ici dans une région très développée du point de vue touristique. La problématique n’est donc pas la même que pour des endroits de France qui cherchent à se développer aujourd’hui et qui donc partent de zéro ou presque. En prenant un autre exemple mais qui illustre bien le problème, c’est plus facile de construire une maison bio-climatique que de rénover écologique. Le pays du Mont Blanc est très disparate : nous y trouvons de grosses stations que sont Megève et Chamonix, ainsi que de plus petites stations de moyenne montagne. A Chamonix, nous pouvons voir les conséquences de ce réchauffement climatique avec le recul chaque année des glaciers. De 1850 à aujourd’hui, la mer de glace a perdu 25% de sa surface et de 40% à 50% de volume. Seules les stations qui peuvent connaître des problèmes économiques dans les années à venir, c’est-à-dire les stations de moyenne montagne, en font leur préoccupation majeure. Pour les stations qui ne connaissent pas ce problème économique, c’est un travail de longue haleine où le moteur est souvent l’intime conviction qu’il faut changer les choses et que peut-être dans les années à venir, ces projets porteront leur fruit… Autant dire que dans notre société du court terme, c’est pas toujours facile… Quelles sont les actions en cours et les actions prévues dans les prochains mois (voire années) ? Comment faire en sorte de concilier station de ski & tourisme responsable ? Nous avons plusieurs projets en cours mais le plus gros problème reste le financement. Dans ce type de projet, nous ne pouvons pas avancer vite et bien sans gestion concertée entre tous les acteurs des stations. Alors et en attendant que les municipalités nous rejoignent dans ce projet, nous travaillons entre socioprofessionnels et avançons à petit pas : – Création d’un site internet pour l’association Mont-Blanc Ecotourisme, – Réalisation d’une newsletter mensuelle contenant des informations pertinentes destinée aux professionnels qui souhaitent engager des démarches dans ce sens, – Organisation de formations pour les différents secteurs touristiques ( gestion de l’énergie, gestion de l’eau, formation du personnel en hôtel etc.), – Labellisation collective d’hôtels prévue pour l’automne 2008, – Mise en place de produits touristiques avec les différents acteurs : accompagnateurs, glaciologues, agriculteurs etc. Nous sommes obligés dans une région comme la nôtre très développée, d’avancer à petit pas. Il y a un réel challenge derrière tout ça…Le Pays du Mont Blanc pourra t-il devenir dans les années à venir une destination éco-touristique et un lieu préservé où les flux touristiques seront maîtrisés ?! Votre plus beau voyage responsable ? Tout dépend de la définition que l’on donne à voyage responsable…Boutade…J’ai le droit de dire que je ne pars jamais en vacances ? Pour tout dire, j’ai vécu ce que j’estime être un voyage responsable: je suis partie au Vietnam avec mon sac à dos pour découvrir le pays, dormir et manger chez les locaux ( je me refusais tous les hôtels occidentaux et autres restaurants), passer du temps avec eux pour essayer de comprendre leur culture, essayer de les aider ( j’ai essayé de mettre en place un circuit touristique là-bas) et puis pour les transports…Transports en commun oblige : bus, train ( 48h sur un banc en bois)…Avec des vietnamiens sens dessus dessous ( ils aiment la proximité)…Et puis, comme j’ai adoré ce pays, j’y suis retournée l’année suivante… Je pense et j’espère ( mon utopie me rattrape toujours) tout simplement que dans les années à venir, nous ne parlerons plus de voyage responsable puisque nous le ferons automatiquement. Et si j’avais envie de partir en voyages organisés, je demanderais à Voyages pour la planète.com de me conseiller… Voir la vidéo de Tiphaine Breillot Lire les articles sur Megève et Chamonix.

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